Coup de calgon...

19 janvier


orLa photo, c'est parce qu'elle aime les bijoux... Elle a toujours aimé ça et en a toujours eu et porté beaucoup. Elle aimait nous en faire porter à ma soeur et à moi, même à cinq ou six ans : une gourmette, une chevalière, une petite bague en or réglable et la sacro-sainte chaîne en or avec une médaille de saint ou une carte de la Guadeloupe.

Je lui ressemble physiquement, je suis elle au même âge. Même (grand) sourire, même lèvres pulpeuses, de la poitrine aussi, comme elle. Et je suis petite, plus grande qu'elle, mais petite tout de même.
Un rire communicatif, de l'humour pour mieux se cacher... Ça aussi on l'a en commun. Une tendance à déprimer facilement, elle m'a refilé ça aussi.
Et la coquetterie... Une chemise rouge ? Donc un chouchou rouge dans les cheveux, forcément. Impossible de me débarrasser de cette manie.

Elle, ma soeur et moi avons trois prénoms qui se ressemblent, tellement que parfois je trouvais ça un peu bête.
Un peu bête aussi, cette façon qu'elle avait de nous fringuer pareil ma soeur et moi ! De vraies poupées Barbie...
 
Trois ans qu'on a acheté l'appart' avec mon chéri, trois ans qu'on vit à Banlieue sur Orge... Elle n'était jamais venue. Elle avait mal à la tête, ou elle était fatiguée. Et puis il y a son travail, qui la fatigue beaucoup. Dix-huit (18) kilomètres nous séparent. Elle a une voiture, vieille, mais une voiture...
Pour qu'elle voit le Grand, je devais le lui emmener. Mais ils ne sortaient pas, ne faisaient rien, alors j'ai arrêté, même si je le privais un peu.
Il faut dire qu'elle avait souvent mal à la tête, ou elle était fatiguée. Et puis, son travail...

Hier soir, elle est venue. Elle est à nouveau amoureuse donc elle est venue. Me présenter, nous présenter son nouveau bonheur. Lui montrer qu'elle aussi, elle a une famille, une fille qui lui ressemble, qui elle-même a une famille... Lui montrer que oui, bien sûr, on ne s'est pas vues pendant les fêtes, on ne s'est rien offert non plus mais que je suis sa fille.

D'ailleurs, elle m'aime. Elle le dit à tout le monde. Sauf à moi. Quand je me suis retrouvée enceinte, enceinte d'un secret pendant huit mois, et qu'elle l'a découvert, elle a explosé, puis s'est radoucie, racontant à qui voulait bien l'entendre qu'elle soutiendrait sa fille jusqu'au bout. A qui voulait bien l'entendre. Sauf à moi.
J'étais en vacances chez mon père, je ne suis pas retournée chez elle. Elle ne me l'a pas demandé non plus.

Elle est à nouveau amoureuse... Pour lui, elle a envie de sortir de chez elle, de faire des choses. De venir voir sa fille, son petit-fils, son futur gendre.
Quand j'y pense, c'est comme avec les autres.
Ces anciens amoureux, ceux de l'extérieur, qui seraient un peu choqués de savoir qu'elle ne m'appelle que quand elle a besoin de moi.

Ceux qui ne pourraient pas entendre que 24 heures après mon accouchement, elle m'accablait de reproches. Parce que oui, je venais d'avoir un bébé à pas tout à fait 18 ans, oui c'était pas bien, pas bien du tout. Mais le pire, c'est que ça lui faisait du mal à ELLE.
J'en étais consciente, mais à ce moment-là, c'était ses bras que je voulais. Ses bras que je n'avais plus depuis mes 6 ans...
Quand on n'a plus l'âge d'être une poupée, on n'a plus de câlins. C'est pas beau de vieillir !

Centrée sur elle-même Maman. Égocentrique Maman. Ça veut dire la même chose, je sais.

Parfois, il m'est arrivé de rester dans ma bulle pendant des mois. Sans appeler, sans aller la voir. Pour me préserver, pour ne pas déprimer et faire subir à mon fiancé et au Grand ce que j'ai subi moi.

Parfois, quand je gronde le Grand, quand je m'énerve trop au point que la grossiereté affleure à mes lèvres... je me retiens et je vais chialer... J'ai peur de lui ressembler dans mes rapports avec mes enfants...
Quand je suis trop dure, j'ai peur que le jour où il aura besoin de moi, il ne me le dise pas.
Quand je ferme les yeux et que je pense à ça, je vois une jeune fille de 17 ans avec un grand sweat pour cacher son ventre...

Alors pas une journée ne passe sans que je dise à mon fils que je l'aime. Si je ne le lui dis pas, je lui montre.

Ça te le fait à toi aussi, de voir ta mère dans ta vie de mère à toi ? Dis-moi que oui, s'il te plaît !

Tu l'auras compris, j'ai le blues. C'est très impudique comme billet, je sais bien. En même temps, j'ai une sorte de boule dans la gorge et que des collègues aux alentours, alors faut que ça sorte et c'est tombé sur toi.
Je crois qu'il y en aura d'autres tu sais, des billets comme ça.

Mais je te rassure, demain, on va essayer de rigoler ! Et dans la mesure du possible, j'essaierai de ne pas avoir trop le blues ici, sur mon blog à moi que j'aime !

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12 commentaires


  1. c'est sur...aujourd'hui, c'est un post un peu blues...mais on est comme ça ,nous les filles ! on a des jours avec et des jours sans !
    moi j'adore ma mère mais parfois je mets un peu de distance quand elle me court sur le -grand-(hihi) haricot !
    quand elle était celib', c'était pire ! elle débarquait chaque dimanche avec des douceurs pour pas que "je reste toute seule"...seulement,moi, je donnais le change toute la semaine avec les
    collègues,les copains,les clients et j'avais BESOIN de me retrouver à chialer seule le dimanche !!! elle a jamais compris mais ,heureusement, elle est remariée maintenant !

    ps : pas encore vu ton blog sur marie claire...gràce à toi, j'ai découvert la mère joie il y a quelques jours et j'ADORE !!elle est vraiment très drôle !

    Bon courage à toi pour cette journée qui va peut être te paraitre longue !


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    1. Y'a pas de doute, la Mère Joie c'est GENIAL ! Un ton caustique comme je les aime ! Et une plume acérée !


      Quant aux mamans parfois toxiques...j'ai beau parfois me dire "j'irai plus, je répondrai plus", c'est ma mère. Alors je me préserve comme je peux mais je ne peux pas m'empêcher de l'aimer et de
      souffrir à cause d'elle. Ca fait du bien de pouvoir l'écrire en tout cas.



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  2. Tu as peut-être le même physique que ta maman mais là ou tu ne lui ressembles pas. C'est qu'on peux toujours compter sur toi ! Tu es d'une gentillesse, d'une sensibilité et d'une générosité
    énorme... Et j'en sais quelque chose.
    En ce qui concerne ton grand Haricot, tu es une maman merveilleuse. Etre dur (et juste) avec son enfant c'est lui rendre service pour plus tard. Je suis sûr que ton fils sera un homme gentil, bien
    élevé et très respectueux. Tu es une maman impliquée, aimante, gentille, dure et juste. Une bonne recette, je crois.
    Parfois les erreurs d'une mère servent de leçon et je crois que pour toi, c'est le cas.

    Je t'embrasse fort et le plus important c'est ce que tu as dans le coeur...


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  3. Ah, je suis pas venue parce que tu as mis un lien (dont je te remercie), je tiens à le dire !
    J'étais pas au courant.
    Je venais faire un tour. ;-)
    Magnifique texte. Hyper émouvant. On est tenus en haleine, on vibre avec toi, on souffre avec toi.
    Tu ne pourras pas changer ta maman et tu as les ressources nécessaires en toi.
    Nanette, c'était pas impudique. C'était très courageux. Je ne serais pas capable d'en faire autant.


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    1. Tu fais bien plus que moi. Dans tes billets, toujours mordants, on sent une grande tendresse. Ca, je ne sais pas encore le faire, mais j'y travaille !



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  4. Je reviens, j'avais pas lu les commentaires.
    Merci à Leyley et à toi.
    Et ne t'inquiète pas Nanette pour le concours, ils ne privilégient nullement les blogs en peu plus "renommés".
    Ta plume est bonne ; tu as toutes tes chances (que je te souhaite vivement).


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  5. Comme dit Merejoie, c'est courageux. Et surtout si tu en parles, c'est que tu as déjà fait une part de ton "deuil". Je fais aussi partie d'une famille très pudique. On se dit que l'on ne veut pas
    leur ressembler mais les chiens ne font pas des chats. Je ressemble à ma mère physiquement, même son de voix... autoritaire parfois.Elle ne l'était pas avec nous mais avec mon père. Peur de trop
    lui ressembler et de reproduire le même schéma. Mais une fois qu'on sait tout ça, c'est qu'on a déjà fait une partie du chemin. Ton entourage est là pour te rappeler de ne pas dépasser les bornes
    des limites car la plupart du temps, tout ça est inconscient.C'est très touchant et surtout je m'y reconnais donc t'es pas la seule, et oh miracle, tu n'as pas qu'une lectrice unique :-))


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  6. ça déconne là le décodeur de commentaire, c'est ps merejoie mais zazou !


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  7. Non tu n'as pas qu'une seule lectrice, je suis sûr qu'il y a en d'autre qui te lisent sans poster de commentaire. Peut-être qu'un jour, ils oseront ;-)

    Tes articles reflètent la femme moderne, joyeuse, triste, énervée, drole... Tout ce que j'aime !
    Ps : Faudra que tu m'en dises plus sur ton site Marie-claire, je comprend pas vraiment. :-S


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  8. Salut miss,

    Voilà, je t'ai mis en lien chez moi.
    Dis-moi, comment fait-on pour voter pour ton blog ?


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    1. En fait, on ne vote pas dans ce concours-ci ! On laisse juste des commentaires sur le site.
      Je vote pour toi tous les matins ! Tu as vraiment un bon coup de crayon !


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  9. OK,
    J'ai laissé mon coms alors :)


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