Le silence de la mère

10 février

Copie de MamanetCélinouEnceinte, je ne ressens pas le besoin de parler à ma mère. Il y a tellement longtemps que je n'ai plus besoin d'elle...
Je me rappelle pourtant que ma Frangine, devenue maman pour la première fois en 2009, a très mal vécu l'indifférence de notre mère pendant sa grossesse.
Elle éprouvait le besoin d'échanger avec elle, de lui poser mille questions sur ses sensations, sur le nécessaire à avoir pour son bébé à la naissance, sur les suites de couches... Alors elle l'appelait, souvent. Elle n'attendait pas les réponses que n'importe quelle sage-femme ou collègue aurait pu lui donner, juste de l'INTERET. Une preuve que sa maman s'intéressait à la grossesse de sa fille.
 
Dans les films, souvent la mère et la fille se retrouvent quand cette dernière tombe enceinte. Pas dans notre film. Alors, Nanny, elle me les posait à moi ses questions. J'étais sa petite sœur, mais j'avais été enceinte avant elle, maman avant elle (si on ignore le fait, qu'elle a été ma mère à moi en quelque sorte). Elle me posait des questions et parfois elle se plaignait de ne pas avoir plus d'intérêt de la part de notre mère. Moi, j'avais mon armure. Plus besoin d'une maman, surtout d'une maman comme ça. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais compris ce besoin. Enceinte et fragile ou pas, pourquoi avoir besoin de ses conseils à ELLE et surtout dans un domaine qu'elle n'a su maîtriser que jusqu'à nos 6 ans ?
 
Il serait long et peut-être un peu indécent de décrire mon mal de mère. Certaines choses ne se pardonnent pas, ou plutôt, je ne peux pas pardonner certaines choses. Les mots sont parfois pires que les coups. Je jure que certaines fois, j'aurais préféré être battue. J'aurais sans doute eu l'impression d'exister pour elle et de mériter autre chose que ce qu'elle m'offrait. Au fil des années, pour me protéger, donc protéger le frêle équilibre de ma petite famille monoparentale (avant de rencontrer Monsieur il y a 5 ans), j'ai appris à me contenter du peu que cette mère pouvait me donner. Un coup de fil de temps en temps, essentiellement pour parler d'elle. Peu importe ce que j'ai à dire, il y a toujours plus important dans sa vie. Le manque de ses bras et de ses mots d'amour a eu une conséquence directe sur l'estime que j'ai pu avoir de moi. Ce n'est pas pour rien qu'aujourd'hui encore, lorsqu'on m'offre un cadeau, une part de moi pense ne pas le mériter. Et c'est valable pour l'amour et l'amitié...
 
Les sentiments, le cœur, toussa toussa, c'est quand même sacrément chiant. Elle est comme elle est ma mère et je n'ai plus besoin d'elle. Et pourtant, j'ai aujourd'hui ce pincement au cœur quand je pense qu'elle ne prend JAMAIS de mes nouvelles. Qu'elle n'a JAMAIS vu mon ventre. On ne s'est pas vues depuis mon mariage et ça ne lui pose aucun problème. Elle ne voit mon fil qu'une fois par an...
Tu vas me dire que je peux aller la voir. Bien sûr que je peux. Et je le ferai sûrement. Je vais encore faire le premier pas. Pour la forme probablement, pour ne pas avoir à dire : "ma mère ne m'a pas vue enceinte de mon deuxième enfant". Il faudra sans doute aussi que j'aille la voir avec ma fille. Dois-je compter sur une visite à la maternité ? Elle n'est pas venue en mai, quand j'ai été opérée, pas plus qu'elle n'est venue en 2005 quand j'ai été malade pour la première fois.
J'ai cessé de me demander comment une maman peut laisser son enfant affronter un cancer, si petit et non fatal soit-il, seule avec un enfant. Dieu merci j'ai mon papa. Bourru, chiant à souhait, râleur, mais quel papa...
Pour la première fois depuis longtemps, j'ai besoin de quelque chose venant d'elle.
 
Si je pouvais te parler je te dirais que tu me manques Maman, même si je ne sais pas comment. Je ne sais pas ce qui me manque chez toi puisque notre dernier câlin remonte à 22 ans. Puisque que tu ne m'apportes rien, hormis un modèle auquel je ne veux pas ressembler.
Je te dirais que tu loupes quelque chose parce que je suis une fille bien. Je crois que je suis une fille bien, même s'il m'a fallu des années pour l'admettre.
Je te dirais que j'ai réussi à garder quelqu'un dans ma vie et à être heureuse avec lui, malgré tout ce que tu m'as dit. Je mérite l'amour que les miens me donnent. Comme c'est difficile d'écrire ça.
Je te dirais que je te déteste parfois de ne pas m'aimer assez. De ne pas aimer Nanny et mon petit frère assez.
Je te dirais que je connais ton enfance difficile, je connais tes souffrances, tes sacrifices, ton mariage trop précoce.
Je te dirais que, bordel, c'est pas une raison. C'est pas une raison. Pas une raison pour avoir dit tout ce que tu nous as dit. Ta plus grande fille a du mal à regarder les gens dans le yeux par ta faute. Et ta cadette, moi, a mis plus de 8 ans à s'admettre digne de mériter l'amour d'un homme. Et tu recommences encore avec ton dernier enfant.
Je te dirais que tu es folle, parce que parfois je pense vraiment que tu es folle.
Je te dirais que tes enfants, tes trois enfants, auraient toujours dû passer avant. Avant tout le monde, avant tes propres désirs.
Je te dirais que j'en veux à cette grossesse qui fait renaître en moi un petit besoin de toi...
Je te dirais que par ta faute, j'ai peur d'avoir une fille.
 
Et chez vous, la grossesse fait remonter les "vieux dossiers" aussi ?
 
 
Photo : Elle et ses bijoux. Parce que j'ai cru et je crois encore qu'elle les aime plus que moi...
 
P.S : Beaucoup de retard dans les réponses aux commentaires, je m'y attelle aujourd'hui. La Fève va très bien, c'est toujours un petit gabarit !

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44 commentaires


  1. Oh Nanette, que te dire...

    Ces mots, les tiens vers elle, mais surtout vers toi je pense sont terribles à lire.
    Et pourtant, ils doivent être encore bien en dessous des souffrances que vous avez dû endurer, les tiens et toi...
    Il y a des mères qui ne sont pas des mères. C'est comme ça. Pourquoi ou pour qui ? certaines personnes sont incapables de sentiments, d'empathie, d'amour, tout simplement, sauf s'ils sont tourner
    vers eux-même.

    Tu as eu le malheur de connaître ça.

    Ce que je peux en dire, c'est que grâce à elle, tu as l'exemple de ce que tu ne veux pas (peux pas ?) être...
    Et qu'après avoir été destructeur, et bien cela te construit. "Ne pas devenir comme elle", prendre conscience de ce que l'on ne veut pas avant même d'avoir conscience de ce que l'on veut, ça permet
    de grandir aussi...

    Et à ton haricot, et à ta fève, TOI, tu donne le modèle de ce qu'ils voudront être, parce que tu es quelqu'un de bien, oui, et surtout, une maman formidable...
    N'en doute jamais, tu n'es pas elle, tu es une MAGNIFIQUE TOI...
    Je t'embrasse très fort.


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    1. Parfois, j'ai certaines réactions proches des siennes, surtout avec les nerfs à fleur de peau pendant la grossesse... Ca me fait peur mais je me soigne ;-) Merci Frimousse !



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  2. Tu es touchante par tes mots, et je pense savoir ce que tu ressens, car je l'ai ressenti par rapport à mon pere ^^'

    Courage, dis toi que ce n'est qu'une histoire d'hormones... et comme m'a répondu le psy, la seule fois où je suis allé le voir "mais etes vous vraiment sure que vous voulez de çà pour vos enfants?
    un grand pere qui n'est pas forcément une bonne image d'amour et de sincérité? croyez vous qu'ils aient vraiment besoin de ce genre de personne dans leur entourage proche?"

    Bien vu, mon ptit coup de déprime est parti comme il est venu, enfin, çà c'est jusqu'à la prochaine ^^'


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    1. Quand mon fils était tout petit j'ai vu un psy qui m'a aidé à déculpabiliser là-dessus aussi. Ca m'a fait du bien !



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  3. Je ne peux pas vraiment commenter...
    Mais oui, la maternité fait aussi un peu mal.
    Et oui, on arrive à avancer.
    Et oui, élever une fille quand on n'a eu ni père ni mère, c'est difficile, ça demande beaucoup d'efforts, mais je crois que devenir mère, ça en demande, de toutes les manières.

    Ma seule peur, aujourd'hui, c'est de devenir comme ma mère avec ma fille. De ne pas lui apporter tout ce qu'elle mérite, de ne pas lui prouver assez que je l'aime et de lui ôter une partie d'elle,
    qu'elle ne pourra jamais retrouver seule.

    Tout ce que je peux te dire, c'est que oui, tu mérites tout ce que tu as, et tu peux être fière de toi! :)


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    1. Merci LMO ! Si j'ai besoin de conseils sur l'éducation des filles... je saurais à qui m'adresser ;-)



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  4. madamezazaofmars7 février 2011 à 09:59


    Non pas de vieux dossiers, ça nous a rapproché plus que jamais alors qu 'on osait pas trop aborder tous les sujets


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  5. Ayant de bons rapports avec ma mère, j'ai du mal à imaginer qu'une telle situation puisse exister...
    Pas facile pour une fille d'être en froid avec sa mère... mais je suis certaine que tu seras une maman de princesse parfaite!


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    1. Je crois que le pire c'est qu'on n'est pas vraiment "en froid". Ca ne la dérange pas d'être complètement en dehors de nos vies et d'avoir fait passer un tas de choses avant nous...


      Si je lui dis que je suis fatiguée par le bébé, elle va embrayer sur sa fatigue à elle. c'est comme ça pour tout :-( Je le vis bien, mais depuis quelques semaines, j'y repense...



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  6. Non, pas la grossesse, mais une fois que les enfants sont là, oui. Ou alors c'est tout simplement parce qu'on vieillit qu'on porte un nouveau regard sur l'éducation et l'affection qu'on a reçues
    étant enfant...


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    1. Exactement Léonie... Moi souvent aussi, je regarde mon père être grand-père et tout céder à son petit-fils alors que moi, je pouvais rester des heures devant mon assiette ;-)



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  7. moi, c'est plutôt mon père qui m'a manqué et qui me manque encore... pas seulement dans mon rôle de maman mais dans la vie de tout les jours... j'aurai aimer qui pose sur moi, quand j'étais
    enceinte, un regard de fierté, qu'il se dise être fier d'être papi... j'aurai aimer, comme hier, qu'il appelle pour les un an de mon fils... mais rien de tout ça... j'ai appris à vivre avec mais
    c'est pas toujours facile...


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    1. Ma mère me manque aussi dans la vie. je sais que je n'aurais jamais de bon conseil de sa part. Mon père par contre, est très présent et fier d'être papi.


      Mais comme tu dis, même si on a appris à vivre avec, la plaie reste ouverte...



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  8. Bonjour Nanette.
    Oh oui, la grossesse fait remonter de gros dossiers dans mon cas, qui est assez différent du tien puisque j'attends mon tout premier enfant. J'aurais aimé pouvoir poser mille questions à ma mère,
    mais elle est morte il y a onze ans (j'en avais 19). On s'adorait. Heureusement ma tante, sa soeur, joue ce rôle depuis que je suis enceinte: sans que je lui aie rien demandé, elle m'appelle
    souvent et me raconte ses grossesses, me conseille! Elle est super sympa, je pense que j'ai vraiment besoin de ces discussions. Il reste aussi le regret que ma mère ne connaîtra pas son petit-fils,
    et qu'elle n'aura pas eu le temps d'être grand-mère.
    J'ai moi aussi du mal à imaginer à qui ressemble une relation mère-fille comme ce que tu as vécu. Mes amies dans ton cas ont fait, comme toi il me semble, "une croix dessus", ce qui ne les empêche
    pas de regretter cette situation et de souffrir de temps en temps. Bref, je pense vraiment que le fait d'être enceinte nous ramène à notre propre mère, en bien ou en mal, et remue certaines
    choses.
    Bon courage en tous cas.


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    1. Merci Steph ! Je crois que le manque pour toi est différent mais surement plus douloureux. Tu étais bien jeune quand tu as perdu ta maman.


      Tes mots m'ont beaucoup émue, merci de les avoir déposé ici... Je te souhaite une heureuse naissance !



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  9. Bonjour Nanette,
    Je ne commente jamais mais aujourd'hui....
    On dit souvent que chacun a son double. Visiblement tu es le mien. J'ai pleuré sur tes mots. Ma mère est comme la tienne et heureusement (ou malheureusement) je suis fille unique, ce qui implique
    qu'elle n'a toujours fait du mal qu'à moi. J'ai 3 enfants qui sont la prunelle des mes yeux, mais elle ne connait même pas l'existence de mon petit de 10 mois (les ainés eux ont 15 et 14 ans). Je
    donnerai n'importe quoi pour avoir une maman qui m'aime.
    Bon bref je m'arrête la pour pas pourrir l'ambiance et pouis j'ai trop à dire....
    Prends soin de toi petite nanette, et n'oublie pas que ton bonheur tu le mérite et que tes enfants ont la chance d'avoir une maman qui les aiment.


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    1. Bienvenue naty et merci pour tes mots ! Je me reconnais aussi en toi, mon grand garçon a 11 ans bientôt !


      Je crois que le plus difficile est de faire le deuil de cette maman "absente"... Je te souhaite du courage et n'hésite pas à commenter ! A bientôt !



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  10. Je te lis très régulièrement, je n'avais encore pas écrit de commentaire, mais puisque tu poses la questions... Oui, la grossesse a fait remonté un tas de vieux dossiers pour ce qui me concerne !
    Un rapport compliqué à ma mère, un père qui n'en a jamais été un et ne sera donc pas papy... Evidemment, tout ça s'emmêle et s'intrique aux inquiétudes de devenir maman, et m'a beaucoup envahie les
    6 premiers mois. Mais il le fallait certainement pour parvenir aujourd'hui à envisager l'avenir de manière plus posée ! En tous cas, écrire ces maux m'a souvent aidée à faire le point sur tout ça,
    à mieux voir dans quelle direction avancer, comment me débrouiller avec mon histoire sans que ma fille ait à en porter le poids elle aussi. Bon courage pour ces moments difficiles Nanette.


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    1. Merci Laurette ! Je vais aller jeter un ptit oeil sur ton blog ;-)



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  11. Des bises et un gros câlin ... ;-)


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  12. c'est triste tout ça et très touchant


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    1. T'inquiète pas, ça n'empoisonne plus ma vie tant que ça... Mais avec cette petite déprime de fin de grossesse, plein de choses remontent...



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  13. Ah ma Nanouche, que te dire?? Nous en avons longuement parlé...
    Je ne dirais qu'une chose, je remercie la folie de ma mère de m'avoir donné cette force inouie que je porte en moi..
    Le chemin a été long et douloureux, mais aujourd'hui je sais que j'apporte à mes enfants tout ce que l'on m'a refusé et là est l'essentiel!


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    1. Tu te doutes que j'ai pensé à toi en écrivant... et que je pense à toi quand ça me turlupine trop (j'aurais pu écrire "quand ça me travaille", mais tu connais ma coquinerie ;-) )



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  14. Ton billet me touche beaucoup, certaines blessures restent ouvertes, et il suffit d'être à fleur de peau, pour qu'elles ressurgissent, comme pour toi aujourd'hui.Je suis proche de mamère, mais nous
    avons connu une période difficile, et depuis la naissance de sa petite fille elle est vraiment super, et nous entretenons une belle relation!!je te souhaite tout le bonheur du monde avec ta fille,
    tu verras, ton amour, sera immense et les liens seront surement fusionnels, on ne répète pas toujours les choses du passé!!


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  15. Tu sais Nanette, les parents qui donnent des coups se contentent rarement hélas de ne donner que des coups...
    Et je ne suis pas du tout persuadée que tu aurais eu davantage le sentiment d'exister pour elle parce que tu aurais été battue.
    Je crois qu'il faut éviter ce genre de comparaisons... ;)
    J'entends parfaitement ceci dit la souffrance derrière ces mots.


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    1. J'ai écrit les choses telles que je les ressens. Enfin, telles que je les ai ressenties au moment où j'écrivais.



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  16. Je voudrais te dire de ne pas te préoccuper d'elle, qu'elle ne le mérite pas etc... mais ce serait mentir, car je pense que lorsqu'on est en manque de sa mère, c'est pour la vie et c'est forcément
    une blessure qui ne guérit pas.
    Ceci dit, je pense que tu es tellement mature dans la gestion du "problème" que tu seras très bien avec ta fille. J'en suis sincèrement convaincue.


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    1. Je ne sais pas si tu souviens bbflo, d'une amie commune fréquentant un forum que nous connaissons toutes les deux et qui était si émue de découvrir sa fille amoureuse... Ce jour-là, j'aurais bien
      aimé être cette jeune fille... Ca m'avait beaucoup touchée.



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  17. Et pour répondre à ta question, moi au contraire, ma 1ère grossesse m'a définitivement fait tourner certaines pages. J'ai à cette occasion cessé de vouloir changer ce à quoi je ne peux rien.


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    1. C'est ce que j'espère..; Que ça m'aide à tourner la page...



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  18. Haha. Je ne suis pas enceinte, mais ma mère est dans le même genre que la tienne ( sauf que j'ai parfois de bonnes surprises, et qu'elle arrive à me mettre sur le cul avec une attention étrange et
    soudaine... ), et franchement, rien qu'à l'idée d'avoir moi-même des enfants, je flippe, parce que je me vois déjà faire exactement la même chose. D'ailleurs je suis souvent comme elle avec les
    enfants des autres, j'ai envie de m'intéresser à eux, mais je 'y arrive pas, alors je les rejette...

    Pour ma part, je préfère me débarrasser de tout ça avant d'être moi-même mère, et je pourrai très bien renoncer à fonder une famille si je n'y arrive pas, tellement j'ai peur de rendre un éventuel
    enfant malheureux comme je l'ai été.

    Profite bien de ton papa, il était mon roc aussi, avec ses défauts ( ouf, il avait ses faiblesses quand ma mère avait ses sursauts de gentillesse! c'est bien foutu ) et il est mort en septembre,
    beaucoup trop tôt évidemment, car il
    m'aidait tellement quand j'en avais besoin...

    Bisous!


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    1. Peut-être que tu ne pourras pas tout régler avant d'avoir des enfants, mais si tu sais que tu dois le faire, c'est déjà énorme et bien mieux que faire l'autruche...


      Après, le plus difficile est d'éviter l'effet inverse, de tout passer aux enfants pourvu qu'ils soient heureux... Il m'a fallu du temps pour m'autoriser à être sévère.



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  19. Que c'est douloureux à lire... Ca fait mal.

    Moi je t'aime ma nanette et je sais que tout l'amour que tu reçois, tu le mérite, même si ça ne remplace pas l'amour d'une mère.


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  20. Comme ce billet est triste... je n'imagine pas ce que tu as pu vivre et ce que tu ressens. Je sais juste que les "grands" moments de ma vie ont su faire remonter des absences douloureuses, sûrement
    moins que les tiennes, mais ce que je sais, ma petite Nanette (avec des ENORMES seins ;) ) c'est que tu es une maman parfaite pour ton fils et que tu les seras tout autant pour ta fille.
    Je t'ai vu caresser ton ventre.
    Je t'ai vu l'aimer tant, déjà, ta fève :)
    Des bises


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    1. Merci ;-) Et je l'aimerai encore plus si elle fait ses nuits tout de suite, hé hé hé !



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  21. ah oui, je voulais rajouter que jarrive à comprendre ta comparaison avec la maltraitance physique.. de mon point de vu, je pense que ce type de maltraitance est ressentie comme "réelle", et que
    donc, après coup, il te reste des douleurs physiques sur lesquelles appuyer ta rancoeur, contrairement aux douleurs psychiques, qui, elles, restent toujorus comme un sentiment de malaise permanent,
    jamais vraiment compris.. je ne sais pas si c'est bien claire ce que je raconte là...
    (attention, hein, j'ai bien conscience que les maltraitances physiques laissent aussi des séquelles psychiques, masi le physique est plus concret pour s'appuyer dessus...)


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    1. C'est exactement ça. Et en fait, je crois qu'un coup, une gifle... ça aurait été au moins un contact physique entre elle et moi. Ce qu'elle ne faisait jamais et ne fait toujours pas. Même quand
      on se fait la bise, y'a comme une gêne...



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  22. C'est pour ça que certaines personnes se font physiquement du mal ( scarifications ) pour exorciser leur mal être psychique. C'est "logique ".


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  23. pfff c super touchant ce que tu nous livre là ! merci !
    je comprends combien ça doit etre difficile !
    en tant que maman, je ne comprends pas comment une mère peut agir ainsi...
    en tout cas, on a tous le droit d'etre aimé ! et tu es aimée et il y a des raisons ! regarde, je te connais mm pas, et je t'ai aimé dès les premières lignes que j'ai lues !! amprs qu'est-ce que ça
    doit être en vrai !! ;))


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  24. J'aurais pu écrire en gros 90% de ce que je viens de lire. Toute ma grossesse, ma mère n'a parlé que d'elle.
    Quand j'avais une inquiétude, elle "ne pouvait pas me répondre, elle avait pas eu ça"...
    C'est une souffrance intense, lorsque l'on est affaiblie émotionnellement, physiquement...


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  25. Il m'a toute remuée ton texte, nous avons pleins de points communs :(


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